Loin des projecteurs et des barreaux, François Besse vit aujourd’hui dans les Deux-Sèvres, engagé dans des actions sociales et la réinsertion des détenus. Ancien évadé notoire, il a mis fin à sa cavale judiciaire pour reconstruire un quotidien discret, mais actif. Après avoir passé plus de vingt ans derrière les barreaux, il consacre désormais son temps à témoigner, transmettre et aider.
| Événement marquant | Détail/Date |
|---|---|
| Naissance | 25 juillet 1944 à Cognac |
| Première condamnation | 1971 – 7 ans de prison |
| Première évasion | 9 mai 1971 – Prison de Gradignan |
| Évasion avec Mesrine | 8 mai 1978 – Prison de la Santé, Paris |
| Arrestation finale | 26 juillet 1979 – Ixelles, Belgique |
| Dernière condamnation | 1998 – 8 ans aux assises de la Charente |
| Années totales passées en prison | Environ 23 ans |
| Publication du livre Cavales | Avril 2019 |
| Engagement social actuel | Actions de réinsertion, interventions en prison |
| Dernière apparition publique connue | Juillet 2023 – Maison d’arrêt de Montbéliard |
Qui est François Besse et pourquoi a-t-il marqué l’histoire du grand banditisme ?

Né à Cognac le 25 juillet 1944, François Besse a grandi dans une famille marquée par l’exil. Son père, républicain espagnol, avait fui le régime franquiste. En France, Besse plonge très tôt dans la délinquance, avec des cambriolages nocturnes autour de Bordeaux.
Il se fait rapidement remarquer dans le milieu du grand banditisme pour ses évasions multiples et spectaculaires. Ses surnoms – le roi de l’évasion, l’anguille, le passe-muraille – témoignent de sa réputation dans les années 1970 et 1980. Les médias suivent chaque cavale, et le grand public se fascine pour ce voleur insaisissable.
Il ne s’agit pas d’un simple fugitif : Besse reste aussi l’un des rares complices de Jacques Mesrine, avec qui il partage une fuite hors du commun depuis la prison de la Santé.
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Quel a été son parcours après sa dernière évasion ?
Sa dernière cavale se termine à Ixelles, en Belgique, où il est arrêté le 26 juillet 1979. Après cette arrestation, il enchaîne les procès dans les années 1980 et 1990. Le plus marquant reste celui de février 1998 aux assises de la Charente, où il est condamné à 8 ans.
Il y adopte un ton volontairement détaché, presque moqueur. Décrivant sa profession comme électricien, il semble tourner la page de son passé sans regret, tout en gardant une part de provocation.
À l’issue de ses peines cumulées, près de 23 ans passés en prison, il sort définitivement du circuit judiciaire. Contrairement à d’autres figures du milieu, il ne récidive plus.
A-t-il vraiment changé de vie après sa sortie de prison ?

Sa réinsertion est réelle, concrète, durable. Après sa libération, François Besse s’engage dans des actions de terrain, loin du bruit médiatique. Il rejoint des associations d’insertion, notamment liées à Emmaüs, et consacre son temps à aider d’anciens détenus à retrouver une stabilité.
Il publie aussi un livre autobiographique, Cavales, sorti en avril 2019, dans lequel il raconte sans fard sa vie de cavaleur, ses détentions et ses prises de conscience. Son récit est lucide, sans glorification, avec un regard critique sur le système carcéral et la violence du passé.
La rupture avec son ancienne vie semble assumée. Il parle désormais de justice, d’humains, de réinsertion.
Où vit François Besse actuellement ?
Il réside aujourd’hui dans le département des Deux-Sèvres, dans l’ouest de la France. Son lieu de vie reste volontairement discret, mais son engagement public laisse peu de doutes sur son implantation locale.
Ce territoire rural lui offre une forme d’anonymat tout en lui permettant de continuer ses activités sociales, sans surveillance policière ni présence médiatique oppressante.
En juillet 2023, il est invité à la maison d’arrêt de Montbéliard, pour parler avec des détenus. Cette rencontre confirme sa volonté d’aider à changer les regards sur la détention et à déconstruire l’image fantasmée des gangsters.
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Que fait-il aujourd’hui dans sa vie quotidienne ?

François Besse est très impliqué dans la réinsertion des anciens détenus. Il agit au sein de structures locales, participe à des conférences, écrit, échange, et soutient les parcours de reconstruction.
Il ne s’est jamais reconverti dans un métier classique, mais son rôle est clair : témoigner de ce que signifie une vie de cavale, d’incarcération, de changement. À plus de 75 ans, il reste actif, bienveillant, profondément engagé auprès des plus fragiles.
Il intervient aussi parfois dans les médias, mais toujours pour porter un message d’apaisement et de lucidité, jamais pour nourrir un quelconque mythe autour de son passé.
François Besse prend-il encore la parole publiquement ?
Oui, mais rarement. Il s’est exprimé en 2019 dans l’émission C à vous, où il a présenté son livre. Son ton était posé, sans emphase, loin des récits spectaculaires.
La même année, il accorde un entretien au journal Le Soir, où il évoque ses activités actuelles, sa vision de la prison, et les raisons pour lesquelles il a abandonné définitivement la criminalité.
Depuis, ses prises de parole sont rares, mais marquantes. Il parle avec une voix d’expérience, mais toujours dans une logique de transmission. Il refuse d’alimenter les fantasmes et préfère partager les réalités du système carcéral français.
Comment son passé influence-t-il encore sa vie actuelle ?
Il porte toujours, malgré lui, l’étiquette d’ancien évadé légendaire. Ce passé revient souvent dans les médias, bien que lui-même tente de le tenir à distance. Lorsqu’il rencontre des détenus, il perçoit que certains le voient encore comme un mythe, une figure romantique de la rébellion.
Pourtant, son objectif est clair : briser cette image, faire comprendre que la prison n’a rien d’héroïque, que la cavale est un engrenage sans issue.
Son histoire continue de marquer les archives judiciaires et médiatiques, mais il tente, avec constance, d’en faire un outil de réflexion plutôt qu’un objet de fascination.
